Pierre Palmade, l’homo blessé

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LMPT Pierre Palmade, l’homo blessé

Message par Calculette le Jeu 12 Sep - 21:20

Pierre Palmade a écrit:"Mon homosexualité ressemble de moins en moins à celle que je vois autour de moi. En fait je n’aime pas mon homosexualité. Je suis vraiment triste : avant j’étais en colère, maintenant je suis triste d’être homo parce que je me trouvais fait pour les femmes. Je ne suis ni pro-homo ni anti-homo, je ne revendique rien pour la cause. Qu’ils se démerdent !"
Ça n’a l’air de rien mais elle est apocalyptique, cette déclaration de Pierre Palmade à Nikos sur Europe 1 à propos de sa tristesse d’être homosexuel : « Je ne l’aime pas, mon homosexualité. Je suis vraiment triste. Avant j’étais en colère, maintenant, je suis juste triste d’être homo, mais tant pis [...]. Je me trouvais fait pour les femmes. Parce que j’étais fait pour faire rire, protéger, ouvrir des portes, tout ce qu’on voit dans les films et dans les Walt Disney. »

À une époque qui ne jure plus que par l’affirmation outrancière de soi et de ses singularités, qui fait en sorte que chaque tendance, chaque orientation, chaque manie, chaque caprice de l’être devienne un droit de l’homme et de la citoyenne, qui considère “l’adulte consentant” comme l’idéal indépassable de notre temps, obligeant d’ailleurs, et sous peine de représailles, à  ce que  chacun “consente” à ce qu’il est et ce qu’il doit vouloir selon sa nature, et ne comprenant nullement que l’on puisse se désapprouver, qui s’acharne, enfin, à démontrer que l’homosexuel n’est qu’un hétérosexuel comme les autres, oser émettre l’idée que les homos pourraient regretter de ne pas être hétéros (alors que l’inverse n’existe pas), sous-entendre qu’il pourrait y avoir un mal-être homosexuel qui serait dû non à des raisons sociales et “répressives” mais bien à des raisons intimes et existentielles, et ce faisant, réhabiliter l’intime contre le médiatique et l’existentiel contre l’idéologique, et rappeler que la conscience de soi peut parfois reprendre le pas sur le souci de soi, est un pavé jeté dans la mare que l’on n’aurait pas osé attendre de l’auteur immortel du “Scrabble”. C’est pourtant ce qu’il a fait et plus encore.

En osant avouer qu’il aurait préféré aimer les femmes plutôt que les hommes, l’humoriste réhabilite cette vérité si démodée que la psyché humaine est d’abord le lieu de la dissymétrie et de l’impair, qu’aucun décret égalitariste ou paritaire ne pourra jamais abolir, que c’est cet écart ontologique qui a toujours constitué la dignité humaine, et que tant qu’il y aura du négatif, de la fêlure, de la conscience de sa propre chute, il y aura des hommes.

Publié le 12 septembre 2013  dans BrèvesSociété
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Calculette

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